Les nouvelles lois et dispositifs concernant l’accueil des jeunes enfants préparent l’abandon des premières sections de maternelle
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Morano sur RTL en novembre 2008
Sur une liste de diffusion, en Seine et Marne
> Je voulais vous faire part d’une information :nous avons eu un Conseil d’école ce soir, et en discutant sur l’avenir de l’école maternelle, une maman d’élève qui est assistante maternelle, nous dit préparer le CAP Petite enfance, pour fin mai 2009.
> Elle nous apprend, en effet, que les assistantes maternelles doivent se présenter à cet examen (et essayer de l’obtenir au plus vite), pour avoir le renouvellement de leur agrément, sinon elles ne seront plus assistantes maternelles. Donc, le Conseil Général leur paye une formation pour avoir cet examen, car elles auront besoin de ce diplôme pour 2009, 2010, car les « petite et moyenne sections» ne seront plus en école maternelle, (la grande section restera à l’école primaire).
> Cette maman d’élève nous a dit savoir que Moreuil était déjà pilote pour les 2 ans ; que l’examen pose problème au Rectorat pour l’organisation candidats en CAP + les assistantes maternelles) ; que les premières années, les municipalités emploieront des gens sans diplôme adéquat (BAFA seulement) ; qu’elles devront accueillir des enfants jusqu’à 5 ans.
et
Le décret annoncé (peut être ce mois-ci): dégradation des normes d’encadrement dans les structures collectives d’accueil de la petite enfance:
- Passage d’une professionnelle pour 5 enfants qui ne marchent pas à 1 pour 6 (les bébés).
- Passage d’une professionnelle pour 8 enfants qui marchent à 1 pour 9 (les 1 à 3 ans).
- Actuellement les inscriptions dans les structures collectives doivent dépasser de 10% les capacités d’accueil (pour avoir les financements CAF). Cette surcapacité passerait à 20%.
NB: au vu des conditions de travail dans les structures collectives (déjà difficiles), ces mesures signifieraient une dégradation importante de la qualité d’accueil des jeunes enfants (et des condtions de travail des professionnelles)
Autre mesure annoncée:
- Création de jardins d’éveil pour les 2 à 3 ans avec une professionnelle pour 12 enfants (au lieu de 1 pou 8 actuellement pour les sections de « grands» dans les crèches).
La qualification des professionnelles travaillant en jardins d’eveil n’est pas connue mais l’annexe du rapport Tabaro montre la volonté du gouvernement d’augmenter l’accès des structures petite enfance aux CAP Petite Enfance au détriment de personnels plus qualifiés (Auxilliaires de puericulture et Educateurs de Jeunes Enfants). Le rapport Tabaro évoque aussi le recours aux « séniors» pour intervenir dans les jardins d’éveil.
Le lieu des jardins d’éveil pourrait être l’écoles maternelle. Leur financement, les collectivités locales, les associations, le privé…
Conclusion:
c’est à la fois une attaque contre les modes collectifs d’accueil de la petite enfance (dégradation des conditions de travail et de la qualité d’accuiil, augmentation de la proportion des professionnelles peu ou moins qualifiées)
et une attaque contre l’école maternelle (à terme déssaisir les maternelles et les professeurs des écoles de petites et moyennes sections? au profit de personnels petite enfance (et peut être pas les plus qualifiés)).
Autres textes
Les nouvelles dispositions concernant les assistantes maternelles
- Augmentation du nombre d’enfants accueillis
L’agrément de l’assistante maternelle pourra désormais autoriser l’accueil de quatre enfants simultanément sans nécessité d’une dérogation. La portée de la dérogation accordée par le président du conseil général sera par contre limitée : le nombre maximal d’enfants accueillis « au total» devra être obligatoirement inférieur ou égal à six. Un décret devrait toutefois préciser, selon Nadine Morano, les conditions d’âge des enfants pouvant être accueillis « car il n’est évidemment pas question de laisser une assistante s’occuper de quatre nourrissons à la fois ». Les assistantes maternelles actuellement agréées pour l’accueil de trois enfants devront demander une modification de leur agrément, modification qui pourra, comme auparavant, être acceptée ou refusée par le président du conseil général.
- Regroupement d’assistantes maternelles
Les assistantes maternelles auront désormais la possibilité d’accueillir des enfants dans un local en dehors de leur domicile. Cet accueil sera possible sous réserve de la signature d’une convention avec la Caisse d’allocation familiale et le président du Conseil général. Le local pourra réunir au maximum quatre assistantes maternelles et les enfants accueillis. Un décret d’application précisera les règles applicable à ce type d’accueil.
sur http://www.passerelles-eje.info/
Lyon ne veut pas être le cobaye des[jardins d'éveil] de Nadine Morano
Les dernières annonces de la secrétaire d’état à la famille sont restées au travers de la gorge de l’adjoint du maire de Lyon en charge de l’éducation et de la petite enfance.Vendredi dernier lors d’une visite à Vénissieux (Rhône), Nadine Morano annonçait en effet que le département du Rhône (avec la Mayenne) serait département test pour mettre en place les “jardins d’éveil”, structures chargées d’accueillir les enfants 2 à 3 ans en lieu et place de l’Education nationale. Outre un désaccord certain sur le fond concernant la déscolarisation généralisée des moins de 3 ans, la Ville de Lyon a très peu apprécié la forme : ces “jardins d’éveil” devront en effet être financés par les collectivités locales, la CAF et les parents. Nadine Morano a par ailleurs précisé que le test commençait à la rentrée 2009. Yves Fournel, l’adjoint de Gérard Collomb, parle d’une ”provocation”, doublée d’une “escroquerie”…
Le sujet était déjà chaud depuis que le ministre de l’éducation Xavier Darcos avait raillé l’école « garderie» , où l’on emploie des bacs + 5 pour changer des couches. Premier aimable tacle contre la scolarisation des moins de trois ans. Il est devenu bouillant depuis que Nadine Morano s’en est mêlé en annonçant dernièrement la mise en place des jardins d’éveil dès la prochaine rentrée dans deux départements tests.
Ces “jardins d’éveil”, inspirés des recommandations du rapport sur l’accueil des jeunes enfants de deux sénateurs UMP (Monique Papon et Pierre Martin), se veulent une sorte d’étape entre la crèche et l’école. Ils seront abrités dans les locaux scolaires existants, afin de limiter les coûts d’investissements. Leur fonctionnement en revanche ne sera pas géré par des enseignants, mais par “des personnels formés à la petite enfance”. Comme pour d’autres modes de garde (puisque c’est bien de cela dont il s’agit), une partie du coût sera assumé par les parents, en fonction de leurs revenus.
“Le gouvernement cherche à gagner sur tous les plans. Il nous demande de financer ces jardins et dans, le même temps, réduit de 10% les budgets de la CAF pour la prise en charge des équipements petite enfance
”, résume Yves Fournel. Egalement président du réseau des villes éducatrices, l’élu (divers gauche) entend bien tenir tête au gourvernement sur la question.
La déscolarisation des moins de 3 ans (qui ne sont plus que 20 % à être scolarisés) a déjà coûté trop cher aux collectivités selon Yves Fournel. Une ville comme Lyon a perdu ces cinq dernières années 700 places d’accueil de tout petits en écoles maternelles. “C’est donc 700 places qu’il nous a fallu trouver ailleurs”, explique l’adjoint à l’éducation et à la petite enfance. Un effet balance qui a un coût. Pour mesure, un berceau en crèche coute 12000 euros, dont 6 à 7000 euros restant à charge pour la Ville.
Les Jardins d’Eveil devraient coûter moins cher que les crèches. Mais encore trop cher pour les collectivités locales qui devront assurer le financement avec la CAF. Il reste aujourd’hui à Lyon, un millier d’enfants de moins de trois ans scolarisés. Selon les plans de Nadine Morano, l’an prochain, ils devront tous basculer dans ces futurs jardins d’éveil.
“Alors même que l’on parle de lutter contre l’échec scolaire, ce genre de mesures n’a pas de sens. Il faut absolument prendre en compte le fait que les enfants entre 2 et 3 ans ne sont pas tous au même niveau de développement. Certains sont prêts pour des apprentissages, d’autres non”
, explique Yves Fournel.
L’élu lyonnais envisage de faire des contre-propositions au gouvernement. Demandant notamment à ce que la scolarisation des moins de 3 ans soit maintenue dans les quartiers difficiles. Et que soit trouvées des formules plus souples d’accompagnement vers l’école. Dossier à suivre. Alice Géraud
Nouvel obs
Nadine Morano annonce une augmentation du montant du Fond national d’action sociale et explique que le gouvernement étudie la diversification des modes de gardes.
Nadine Morano, la secrétaire d’Etat à la famille a annoncé, samedi 4 avril, au Journal du Dimanche, que l’Etat va renforcer ses efforts financiers pour permettre la création de 100.000 places en crèche. Les jardins d’éveil pour les 2-3 ans seront aussi expérimentés « dès la rentrée» . « Nous tiendrons les objectifs définis par le président de la République de créer 200.000 offres de garde supplémentaires» , a affirmé la secrétaire d’Etat. « L’Etat fait un effort considérable en augmentant le Fonds national d’action sociale (Fnas) de 7,5% par an, soit 1,2 milliard d’euros supplémentaires, pour la création de 100.000 places en crèches» , a expliqué Nadine Morano.
8.000 places en jardins d’éveil
Les autres offres de gardes se feront par les « nouvelles dispositions de diversification des modes de garde votées par le Parlement comme le regroupement d’assistantes maternelles, le passage de 3 à 4 enfants par agrément ou le développement de l’accueil collectif: crèches classiques, d’entreprise, création de jardins d’éveil, optimisation des places de crèches hospitalières…» , a précisé Nadine Morano. Les jardins d’éveil pour les 2-3 ans seront expérimentés « dès la rentrée» et « intégrés dans les écoles lorsque cela est possible» , a-t-elle dit.
« Le financement de 8.000 places en jardins d’éveil est prévu dans la nouvelle convention que nous signerons avec la Caf» , a-t-elle ajouté. Il sera assuré par la Caf, les collectivités locales, les parents en fonction de leurs revenus, et « les entreprises qui dans le cadre de leur politique familiale pourront financer les places de jardins d’éveil tout comme elles financent des places de berceaux» .
SNUIPP
Jardins d’éveil : subterfuge et tour de passe passe ! 8000 places partiellement financées et … 14 000 supprimées
Nadine Morano secrétaire d’Etat à la famille et Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale viennent d’annoncer l’expérimentation de jardin d’éveil dans les écoles maternelles en septembre 2009. Le ministre avait pourtant affirmé que les conditions d’inscriptions à l’école maternelle n’étaient pas modifiées à la rentrée 2009 : il s’agit bien avec cette annonce, de substituer à l’école maternelle, lieu d’éducation et d’apprentissage, une garderie beaucoup plus coûteuse pour les familles.
De plus l’annonce du financement partiel de 8000 places à la rentrée 2008 ne peut cacher la baisse régulière de la scolarisation des élèves de moins de trois ans à l’école maternelle. En effet le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans est passé de 35,4 % en 2000 à 21,3 % à la rentrée 2008 (chiffres MEN) : ce sont 14 000 élèves supplémentaires qui chaque année ne trouvent pas de place à l’école maternelle ! Pour maintenir le même taux de scolarisation en 2008 qu’en 2000 il aurait fallu inscrire 113 000 élèves supplémentaires !
Ainsi au temps des excuses après les propos blessants prononcés vis à vis des enseignants de maternelle n’aura pas succédé le temps des mesures positives en faveur des élèves.
Alors que l’intérêt des enfants nécessite de travailler la complémentarité et la continuité entre les structures d’accueil de la petite enfance et l’école maternelle, cette mesure cache mal la volonté d’économiser des postes à l’école maternelle, de remettre en cause le principe de gratuité et d’aboutir à une réduction des ambitions du service public d’Education. Cette mesure revient sur la loi actuelle qui prévoit la scolarisation des enfants de moins de trois ans, en priorité, dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé.
Pour le SNUipp, l’école maternelle est une véritable école. Première scolarisation des élèves, authentique lieu de prévention et de lutte contre les inégalités, elle mérite mieux que des a priori et des polémiques. Le SNUipp réaffirme la nécessité de scolariser tous les enfants dont les familles en font la demande y compris à partir de l’âge de deux ans. Il appelle les enseignants des écoles et les parents à multiplier les initiatives en faveur d’un développement de l’école maternelle.
Paris le 5 avril 2009

